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Les précipitations
Pluie, neige, grêle et verglas.
Profil thermique et types de précipitations
Qu'une averse tombe en pluie, en neige, en grésil ou en verglas ne dépend pas du hasard : tout se joue dans le profil de température, la façon dont la température varie du sol jusqu'au nuage.
Le rôle du profil vertical
La nature des précipitations dépend de la température rencontrée à chaque niveau. S'il fait négatif de haut en bas, la neige atteint le sol. Si une couche chaude, au-dessus de l'isotherme 0 °C, fait fondre les flocons, puis qu'une mince couche froide les regèle juste au-dessus du sol, on obtient de la pluie verglaçante. Si la couche froide du bas est plus épaisse, les gouttes se resolidifient en grésil avant de toucher terre.
Pluie verglaçante et grésil
La pluie verglaçante est de l'eau surfondue qui gèle instantanément au contact des surfaces, formant un verglas particulièrement dangereux car lisse et transparent. Le grésil, lui, est déjà gelé quand il tombe : il rebondit et fait moins de dégâts, mais rend les sols glissants.
La limite pluie-neige
L'altitude où la neige se change en pluie ne dépend pas seulement de la température de l'air, mais de la température du thermomètre mouillé : en fondant, les flocons absorbent de la chaleur latente et refroidissent l'air autour d'eux. La neige peut donc tenir alors que l'air est légèrement positif ; la limite se situe souvent quelques centaines de mètres sous l'isotherme 0 °C.
💡 La pluie verglaçante exige une couche chaude en altitude au-dessus d'une mince couche sous 0 °C près du sol : une configuration précise et redoutée.
Convectif, stratiforme et radar météo
Toutes les pluies ne se ressemblent pas : leur structure, régulière ou en averses, révèle le type de nuage qui les engendre, et guide la façon de les mesurer.
Stratiforme et convectif
Les précipitations stratiformes, issues des nimbostratus, sont étendues, régulières et d'intensité modérée : elles couvrent de vastes zones pendant des heures. Les précipitations convectives, issues des cumulonimbus, sont localisées, brèves et intenses : ce sont les averses. Sur le radar, la fusion de la neige des systèmes stratiformes crée une bande brillante horizontale, un anneau de forte réflectivité au niveau où les flocons fondent.
La mesure au sol
Le pluviomètre à augets basculants compte les précipitations, chaque bascule correspondant à une petite quantité d'eau ; 1 mm équivaut à 1 litre par mètre carré. Le disdromètre, lui, mesure la taille et la vitesse des gouttes, ce qui affine la distinction entre pluie, neige et grêle.
Le radar météorologique
Le radar émet des ondes et mesure l'écho renvoyé par les précipitations. La réflectivité, exprimée en dBZ sur une échelle logarithmique, dépend de la taille et du nombre des gouttes : quelques dBZ pour une bruine, plus de 50 dBZ pour une averse de grêle. Les radars à double polarisation envoient des ondes horizontales et verticales et distinguent ainsi pluie, neige et grêle selon la forme des cibles. Le radar Doppler mesure en plus la vitesse des cibles : il détecte les rotations d'un orage, signe d'un mésocyclone potentiellement tornadique.
💡 La réflectivité en dBZ estime l'intensité ; la double polarisation identifie le type d'hydrométéore ; l'effet Doppler révèle les rotations, base de l'alerte tornade.
Grêle, neige roulée et types de neige
Sous le vocable commun de précipitations solides se cachent des objets aux mécanismes très différents, de la grêle destructrice à la neige poudreuse.
La grêle
Le grêlon grossit par accrétion, c'est-à-dire par accumulation de couches successives : dans les puissants courants ascendants d'un cumulonimbus, il capte des gouttelettes surfondues qui gèlent sur lui. Plus l'ascendance est forte, plus elle peut suspendre longtemps le grêlon et le laisser grossir. La très grosse grêle signe donc des orages violents. Coupé en deux, un gros grêlon révèle des couches concentriques, comme un oignon.
La neige roulée (graupel)
La neige roulée, ou graupel, est un flocon givré par des gouttelettes surfondues qui gèlent sur lui, formant une petite bille blanche et molle. Elle est plus petite et bien plus fragile que la grêle, avec laquelle il ne faut pas la confondre : on la rencontre surtout dans les averses hivernales.
Types de neige et rapport neige-eau
La quantité d'eau contenue dans la neige varie beaucoup : le rapport neige-eau, l'épaisseur de neige pour une quantité d'eau donnée, est en moyenne de l'ordre de 10 pour 1, mais monte pour une neige froide et poudreuse et chute pour une neige humide. Près de 0 °C, la neige lourde et collante adhère aux structures, alourdit les branches et les câbles, et casse.
💡 En moyenne, 1 cm de neige équivaut à environ 1 mm d'eau, mais ce rapport varie fortement avec la température.
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